Nous y voici. Le premier jour de 2017.

C’est un jour comme un autre, il n’ a objectivement rien de spécial; le soleil s’est levé et s’est couché, notre planète continue de tourner à la même vitesse. Mais bon, s’il y a bien quelque chose que j’ai compris cette année, c’est que les évènements et moments ne prennent aucun autre sens que celui que nous leur donnons. Nous créons les histoires qui remplissent nos vies et leur font valoir la peine d’être vécues.

Mon aventure a eu beaucoup de péripéties cette année, et je choisis de voir ce jour comme un symbole. Le symbole de la fin d’un chapitre de mon livre qui a changé ma vie, la conclusion de l’une des plus belles histoires qui composent la plus grande histoire. Le début d’un nouveau chapitre.

Peut-être que c’est parce que j’écris, peut-être que c’est parce que je ne peux m’empêcher de tout transformer en images, signes et métaphores, peut-être que c’est parce que j’ai souvent l’impression que ma vie est un film, peut-être que nous en avons tous l’impression et qu’il n’y a aucun problème avec ça. Après l’année de folie que nous avons eu, nous méritons de croire que 2017 marque le début d’un changement – n’importe quoi de mieux que 2016, s’il-vous-plaît!

2016, année d’interminables attentats, conflits et malheurs, année de Brexit, de Trump. Une année où le monde s’est vu accélérer vers le bas de la pente qui semble nous mener tous à notre perte, une pente sur laquelle nous avons été depuis longtemps déjà. Il aura fallu une année comme 2016 pour que beaucoup se réveillent et se rendent compte des dures vérités de notre système abîmé.  Et ouais, plus personne ne peut encore faire semblant que tout va bien.

Cela a aussi été une année de défis personnels pour beaucoup. Comme si les choses négatives qui se déroulent à plus grande échelle se reflétaient dans nos vies privées, comme si une espèce de malédiction nous avait été lancée, comme si la Terre elle-même prenait sa revanche. Pour être honnête, cela ne m’étonne pas. Tout un chacun est connecté, et ce n’est pas durable pour nous, privilégiés, de vivre dans une bulle de facilité et de bonheur alors que le monde autour de nous est en train de s’effondrer. C’est tout simplement impossible, et de penser autrement pendant si longtemps était une idée folle et stupide.

Alors, peut-être que nous devrions arrêter de faire semblant. Je ne sais pas pour vous, mais tout autant que j’aimerais l’être, je ne suis pas bien. J’ai beau me sentir très chanceuse et  reconnaissante de la vie qui m’a été donnée, quand je regarde au dehors de ma bulle, je ne vais pas bien. Je n’ai pas envie d’aller bien, en fait. Je n’ai pas envie d’être sereine devant un monde qui est si malade. Je ne veux pas aller bien sachant qu’il y a encore autant d’injustices et de guerres, autant de haine et de surconsommation, entre beaucoup, beaucoup d’autres problèmes.

Je sais que beaucoup de gens se sentent comme ça. Ils ne comprennent pas pourquoi ils se sentent malheureux alors qu’en théorie, ils n’ont rien de “réel” à se plaindre comparé à d’autres. Quelque chose paraît profondément inadéquat à voir des images d’enfants mourir alors que nous sommes assis bien au chaud sur son canapé, le ventre plein. Alors, la culpabilité nous envahit, et la honte, l’auto-jugement d’être trop sensibles, trop faibles, trop égoïstes. Alors, nous changeons de chaîne, parce que c’est plus facile de regarder ailleurs que de se sentir comme ça.

Je vais vous dire, j’ai porté cette culpabilité pendant bien trop longtemps (et je la ressens encore souvent), et elle ne m’a jamais amenée nulle part. Elle ne m’a jamais poussée à faire quoi que ce soit de bon, quoi que ce soit d’autre que d’être dégoûtée de moi-même et de me cacher dans mon lit, trop peureuse d’en sortir et d’être heureuse, parce que d’autres ne peuvent pas, parce que qui suis-je pour changer quoi que ce soit.

Au contraire, ce qui m’a poussée à sortir et chercher à toucher les gens, c’est la compassion et l’empathie,  c’est de me sentir triste pour le monde, de sentir de l’amour pour lui. La culpabilité n’a toujours été qu’un obstacle à me sentir connectée à moi-même et aux autres. La culpabilité est inutile et pour être honnête, égoïste, en fin de compte. Nous ne devrions pas aider son prochain ou essayer d’être de meilleures personnes parce que l’on se sent coupable, nous devrions le faire parce que l’on compatit avec l’humanité, parce que quelque chose sonne très faux dans la manière dont les choses se déroulent.

« Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade. » Jiddu Krishnamurti

Je n’ai pas envie de toujours me sentir bien. Je n’ai pas envie de devoir faire semblant que les peines du monde ne m’affectent pas, que le bonheur n’est qu’un produit de mon esprit, comme tant de livres et de philosophies visant à “s’aider soi-même” tentent de nous convaincre. Ne me méprenez pas, je ne dis pas que les pensées positives ne contribuent pas au bonheur (elles y contribuent!) ou qu’il est impossible d’être heureux et empathique à la fois dans le monde d’aujourd’hui. Je dis seulement que parfois, il n’y pas de mal à ne pas être bien. Ces sentiments sont là pour une raison, ils sont là pour nous montrer que quelque chose doit changer.

Quelqu’un m’a dit un jour que les gens heureux ne commencent jamais de révolutions. Aujourd’hui plus que jamais, je comprends ce qu’il voulais dire. Je ne veux jamais être parfaitement heureuse dans un monde où les 1% possèdent 90% des richesses du globe et où le racisme et l’extrémisme augmentent de partout alors que la photo d’un enfant couvert de cendres attire autant d’attention que la rupture d’un couple de célébrités. Je ne veux jamais “aller bien” face à ça.

Oui, je veux être heureuse dans mes moments de joie, d’amour et d’humilité. Mais je veux aussi être énervée quand je discute de sujets qui me tiennent à coeur ou triste et apeurée quand je vois les horreurs du monde.

Je veux avoir le coeur brisé en pensant au magnifique, jeune homme talentueux que j’ai eu la chance de connaître et qui ne pourra plus être à bord de la fragile montagne russe qui constitue nos vies pour beaucoup plus longtemps. Je ne veux pas voir cela comme quoi que ce soit d’autre que tragique et injuste.

Je veux que cette douleur m’inspire à être quelqu’un de meilleur, à vivre à fond, à ne plus perdre de temps à faire semblant d’être quelqu’un que je ne suis pas et à cacher mes émotions, mes constantes, écrasantes, contradictoires émotions.

Je veux me pardonner de me sentir perdue et confuse, de faire des erreurs. Je veux être fière de me tenir debout, d’être arrivée si loin, de continuer à sourire même quand je me sens désespérée.

Je veux avoir peur, mais je veux aussi avoir le courage de surmonter cette peur, et plonger dans l’incertain. Je veux être vulnérable, je veux ressentir toute la liste d’émotions.

Je ne veux jamais cesser de rire, danser, pleurer, me défoncer, faire l’amour, manger, écrire, voyager! Je veux être en vie, avec tous les hauts et les bas qui viennent avec.

Je veux continuer à être moi-même, avec toutes mes contradictions. Je veux être l’optimiste déprimée que quelqu’un que j’aime m’a montré que j’étais, que j’ai choisi d’être.

Je veux que les gens comprennent tout ceci et qu’ils soient bien avec l’idée de ne pas être bien parfois, et qu’ils réalisent qu’ils ne sont pas tout seuls et que peut-être que si nous acceptons de ne pas aller bien aujourd’hui, nous pourrons travailler à devenir meilleurs ensemble demain.

Je ne veux jamais abandonner.

Je suppose que c’était ma liste de voeux pour 2017.

2016, merci pour tout l’amour que tu as amené dans ma vie, on t’emmerde pour avoir été une année si pourrie et au revoir. Plongeons ensemble dans cette nouvelle année remplis d’envie de changer et d’amour, comme si nous avions une idée de ce que nous sommes en train de faire, et qui sait, peut-être qu’à force, on y croira assez longtemps pour faire une différence. Et si ça ne marche pas, on réessayera en 2018.

Voilà le sens que j’ai choisi de donner à ce jour.

Si vous êtes d’accord avec moi, aidez-moi à répandre le message!

Bonne année! 🙂

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