Je me réveille ce jour-là en me sentant très mal. Je descend dans la cuisine de l’auberge pour prendre un thé. Je suis en train de chercher des infos sur mon ordinateur, je dois prendre une décision: où est-ce que je vais ensuite? Je n’arrive pas à me décider entre me rendre en Bulgarie pour voir mon ami ou travailler dans une ferme en Hongrie. Et je me sens toujours mal, alors sans m’en rendre compte, je soupire beaucoup. C’est là que Ricardo, un Brésilien qui loge ici également, me remarque. Il me demande ce qu’il se passe, je lui dis que je me sens un peu déprimée. Une chose en entraînant une autre, je me retrouve à aller à Prague avec lui! Il y va avec sa voiture, et lors d’une tentative de me remonter le moral, il me propose de le rejoindre. Après avoir d’abord refusé son offre, je me dis: “Pourquoi pas?!” et me voilà, une heure plus tard, prête à embarquer pour un voyage avec un nouvel ami. J’adore ces moments d’improvisation totale. C’est très excitant!

Voilà comment, après un trajet plus long que prévu (nous nous retrouvons coincés dans des embouteillages en Slovaquie), qui a inclus beaucoup de rires, de nourriture et même un peu de corruption de police slovaque (“Give me present!”), Ricardo me dépose devant une auberge dans le centre, et s’en va rejoindre la sienne qui se trouve un peu en dehors de la ville, mais plus proche de là où l’une de ses amies habite.

Je rencontre cette amie le soir même, et nous explorons la ville tous ensemble pendant la soirée ainsi que les deux jours suivant. Voici quelques photos:

Ce n’est pas tout, je veux aller voir mon ami Matei (celui rencontré en Lituanie) avant qu’il ne commence l’université à nouveau, la semaine d’après. Il habite à Košice, en Slovaquie, et prendre un train jusque là-bas serait facile et bon marché. Mais facile ça veut dire ennuyant, non? Je décide donc de faire de l’auto-stop pour y aller… La prochaine partie va être parler de comment j’ai pris des risques stupides, je vous demanderai donc, si cela vous fait peur de m’imaginer dans des situations dangereuses ou si vous pensez ressentir un désir incontrôlable de me faire la morale pour cela, de vous arrêter ici.

Mes nouveaux amis me conduisent donc à une station service un peu en dehors du centre de Prague, sur l’autoroute, à la fin de l’après-midi. Je voulais arriver plus tôt mais cela nous a pris beaucoup de temps pour conduire jusque là. Mon plan était de faire du stop jusqu’à Bratislava, passer une nuit là-bas, et puis de continuer le jour suivant. Mais vous savez ce qu’ils disent, “La vie, c’est ce qu’il t’arrive quand tu es occupé à faire d’autres plans.” (en fait, c’est John Lennon qui a dit cela)! Alors, après avoir pointé mon pouce pendant deux heures sans que personne ne me prenne, je commence à me dire que je devrais peut-être abandonner. C’est bien sûr à ce moment-là qu’un type s’arrête enfin pour moi, et je suis si contente que je ne prête pas vraiment attention quand il me dit qu’il ne va que 30 ou 40 km plus loin; je veux seulement quitter cet endroit. Je suis un peu moins heureuse quand, 20 minutes et un café plus tard, il me dépose dans une autre station service où il semble que seulement des camions s’arrêtent, et me voilà à nouveau, au milieu de nulle part… Je commence directement à demander à tous les chauffeurs de camion présents s’ils se rendent à Bratislava, sans succès. Je parle même à un chauffeur français qui est très gentil, et qui se rend même à ma destination, mais il ne peut pas partir avant 4 heures du matin. Il me propose en riant de m’y conduire si je suis toujours coincée d’ici là. Je refuse poliment: bien sûr que je ne serai pas ici à ce moment-là.

Pas vrai?


Le temps passe, et le seul type que j’ai trouvé qui se rend à Bratislava me paraît juste un poil trop pas net, je ne le sens pas, alors je m’écoute. Mais le soleil descend, et je ne veux pas faire du stop dans le noir. Je crains en plus qu’un chauffeur de camion me laisserait quelque part sur une autoroute proche de la capitale, et je n’aurais aucune idée de comment arriver au centre au milieu de la nuit. C’est dans ces situations que tu commences à te dire: “Mais qu’est-ce que je fous là”, “Ma mère me tuerait si elle savait”, ou même “J’espère que je serai toujours vivante demain matin” (vous pouvez imaginez cette dernière phrase accompagnée d’un rire cynique).

Au moins, il y a un joli coucher de soleil.

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Cependant, paniquer ne me sera d’aucune aide, alors à la place, je reste calme et je fais de mon mieux pour réfléchir à ma meilleure option: peut-être que je devrais simplement dormir dans le petit magasin qui est là, au moins je serais à l’intérieur et en sécurité, et je pourrais partir à nouveau le matin. Oui, c’est mieux que rien, je décide de faire cela. Mais vous vous souvenez, la vie et les plans et tout ça? Évidemment, après avoir mangé un peu et m’être endormie la tête posée sur une table, une employée me réveille à minuit pour me mettre dehors. Le magasin ferme entre minuit et 4 heures. Et maintenant, il a commencé à pleuvoir. Youpi!

C’est ainsi que je me retrouve à frapper à la vitre du Français. “Excusez-moi, je peux dormir dans votre camion?” Et je passe la nuit sur le siège avant de camion de ce monsieur, alors qu’il dort à l’arrière. Nous partons le lendemain à 4 heures.

Au moins, je suis vivante, pas vrai? 😉

Il me reste encore un long voyage en auto-stop à parcourir à partir de là, je vous raconterai tout cela bientôt!

Bisous

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